
Carnet de relevés · 15 septembre 2026 · 4 min de lecture
Réseau Hartmann et réseau Curry : une tradition à connaître, pas une mesure à vendre
Ce sont les deux mots que les clients prononcent le plus souvent au téléphone. Voici ce qu’on leur répond, et comment les consigner dans un rapport.
Tradition
« Mon lit est-il sur un nœud ? » La question arrive souvent avant même le bonjour. Elle suppose qu’il existe, sous chaque maison, un quadrillage invisible, et qu’on puisse savoir avec certitude si un lit tombe sur l’une de ses intersections. Le géobiologue est attendu comme celui qui sait : voici ce que l’on sait, et comment le formuler.
Qu’est-ce que le réseau Hartmann ?
C’est un quadrillage que la tradition géobiologique décrit comme orienté nord-sud et est-ouest, avec des mailles de l’ordre de deux mètres sur deux mètres et demi. Il porte le nom d’Ernst Hartmann, médecin allemand qui l’a décrit au milieu du XXe siècle. Il n’est détecté que par radiesthésie.
Hartmann associait les croisements de ce réseau à des effets défavorables sur la santé de ceux qui y dorment. Ses écrits ont fondé une bonne partie de la géobiologie de langue allemande, puis française. Le module 2 de la formation présente ses travaux, le module 3 enseigne la détection au lobe-antenne.
Et le réseau Curry ?
C’est un second quadrillage, orienté en diagonale par rapport au premier, attribué à Manfred Curry. Ses mailles sont décrites comme plus larges. Lui aussi n’est repéré qu’à la baguette ou au pendule.
La tradition en ajoute d’autres : un réseau dit « sacré », des réseaux secondaires, des cheminées cosmo-telluriques. Le module 3 les passe en revue. Plus on avance dans la liste, plus les descriptions varient d’un auteur à l’autre, ce qui est en soi une information.
Un appareil peut-il les mesurer ?
Non. Aucun instrument de physique ne détecte ces grilles, et aucune expérience contrôlée publiée ne les a mises en évidence de façon reproductible. Ce qui « réagit », c’est la baguette ou le pendule tenu par une personne.
On rencontre parfois des appareils vendus comme « détecteurs de réseaux telluriques ». Demandez au vendeur quelle grandeur physique l’appareil mesure, dans quelle unité, et sur quelle étude publiée il s’appuie. Ces trois questions permettent de situer l’appareil dans le bon registre.
Il faut aussi garder en tête ce que donnent les essais de sourciers en conditions contrôlées. En 1991, à Kassel, un test public en double aveugle a demandé à des sourciers de localiser de l’eau circulant dans des tuyaux enterrés : leurs résultats n’ont pas dépassé ce que donne le hasard. Le mouvement de l’outil, lui, est bien réel ; il s’explique par l’effet idéomoteur, que je détaille dans l’article sur la baguette, le pendule et l’antenne de Lecher.
Alors pourquoi les apprendre ?
Deux raisons, qui n’ont rien à voir avec le fait d’y croire, et une conséquence pratique.
D’abord, c’est la langue de la clientèle. Une personne qui vous appelle a souvent lu un livre, vu une vidéo, rencontré un magnétiseur qui lui a parlé de « nœuds ». Si vous ne connaissez pas le vocabulaire, vous ne pouvez ni répondre, ni rassurer, ni recadrer.
Ensuite, c’est la langue de la profession. La plupart des confrères travaillent avec ces notions. Pour discuter avec eux, pour comprendre un rapport rédigé par un autre, il faut savoir de quoi ils parlent.
La conséquence, c’est une discipline d’écriture.
Comment en parler dans un rapport
| À ne pas écrire | À écrire |
|---|---|
| « Votre lit est sur un nœud Hartmann pathogène. » | « Au lobe-antenne, selon la méthode de Hartmann, j’ai repéré une intersection à la tête du lit. Cette observation relève de la radiesthésie ; aucun appareil ne la confirme. » |
| « Le réseau Curry explique vos réveils nocturnes. » | Rien. Un géobiologue ne relie pas une observation à un symptôme ; il oriente vers un médecin. |
| « Zone perturbée : 0,4 µT et croisement Curry. » | Deux lignes séparées : la mesure avec son unité, son appareil et sa position ; l’observation de tradition avec son outil. |
Si un client vous demande malgré tout de déplacer un lit « hors du nœud », rien ne vous empêche de le faire avec lui. Déplacer un lit ne coûte rien, et c’est souvent l’occasion de l’éloigner aussi d’une prise, d’un câble ou d’un chargeur, ce qui, là, se mesure. Ce que vous ne ferez pas, c’est promettre un effet.
La réponse type au téléphone
À la question du nœud sous le lit, la réponse tient en quelques phrases, avant de fixer un rendez-vous : « Je peux faire une lecture selon la méthode de Hartmann si vous le souhaitez ; c’est une pratique traditionnelle, qu’aucun appareil ne confirme. Je mesurerai aussi ce qui se mesure autour de votre lit : les champs électriques et magnétiques, l’humidité, et le radon si votre commune est concernée. » La plupart des clients apprécient cette double offre.
Ce que la formation enseigne
Les modules 2 et 3 de la formation en géobiologie présentent ces réseaux dans le cadre de la tradition, avec leurs outils de détection. C’est le cœur historique de la géobiologie, et un passage obligé pour dialoguer avec la clientèle comme avec les confrères. Lisez ces pages comme l’exposé d’une école de pensée, et réservez vos unités au gaussmètre et au dosimètre.

Votre formateur
Pierre-Yves Collin signe le carnet de relevés, les exercices et les fiches du cursus. Son parcours et sa façon d’enseigner.