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Boussole ancienne en laiton posée sur une carte routière dépliée

Carnet de relevés · 29 juillet 2026 · 4 min de lecture

Baguette, pendule, antenne de Lecher : les outils qui bougent tout seuls

Ils font partie de la formation et de la boîte à outils de la plupart des géobiologues. Comprendre pourquoi ils bougent vous rend plus précis dans vos comptes rendus, et plus convaincant auprès de vos clients.

Par Pierre-Yves Collin

Tradition

La première fois qu’on tient deux baguettes en L et qu’elles se croisent d’elles-mêmes au-dessus d’un point précis du jardin, l’effet est saisissant. On a vraiment l’impression que quelque chose, sous terre, a agi sur le métal. Personne ne triche. Et pourtant, l’explication est ailleurs.

Quels outils la formation enseigne-t-elle ?

OutilUsage dans la traditionModule
Baguette de sourcierrecherche d’eau, de failles, de réseaux1 et 4
Penduleradiesthésie générale, questions posées au pendule2
Lobe-antennerepérage du réseau Hartmann3
Antenne de Lecher« accord » sur un phénomène, recherche d’eau et de failles4
Biomètre de Bovis« taux vibratoire » des lieux, des objets, des personnes6
Test musculaireemprunté à la kinésiologie, pour « détecter » les perturbations8

Pourquoi la baguette bouge-t-elle ?

Parce que la main bouge, sans que la personne en ait conscience. C’est l’effet idéomoteur : l’attente d’un résultat déclenche de minuscules mouvements musculaires involontaires, amplifiés par un outil en équilibre instable. Il est documenté depuis le milieu du XIXe siècle.

Michel-Eugène Chevreul, chimiste célèbre pour ses travaux sur les couleurs et les corps gras, a publié en 1854 un livre consacré à la baguette divinatoire et au pendule explorateur. Il y raconte ses propres essais : son pendule oscillait nettement au-dessus d’un bain de mercure, puis cessait de répondre de façon cohérente dès qu’il ne pouvait plus voir ce qu’on plaçait dessous. Le médecin britannique William Carpenter avait donné quelques années plus tôt un nom à ce type de mouvement.

Rien d’embarrassant pour celui qui tient l’outil : l’effet idéomoteur est universel. Il dit simplement que le pendule amplifie ce que pense la personne qui le tient, pas ce qu’il y a sous le sol.

D’où vient l’antenne de Lecher ?

Ernst Lecher, physicien autrichien, a mis au point à la fin du XIXe siècle un montage de deux fils parallèles servant à mesurer la longueur d’onde des ondes électromagnétiques à haute fréquence. C’est un vrai instrument de physique. L’antenne de Lecher des radiesthésistes en reprend la forme, pas le principe.

Entre les mains d’un géobiologue, elle se tient comme une baguette, avec un curseur qu’on règle sur une graduation censée correspondre à tel ou tel phénomène. Aucun circuit ne mesure quoi que ce soit : c’est encore la main qui fait réagir l’outil. Le nom savant donne une allure scientifique à une pratique qui n’en a pas ; c’est précisément ce qu’il faut expliquer à un client technicien qui vous demandera à quoi sert « cette antenne ».

Et le biomètre de Bovis ?

Alfred Bovis, radiesthésiste français de la première moitié du XXe siècle, a proposé une règle graduée en « unités Bovis » au-dessus de laquelle on fait osciller un pendule pour lire un « taux vibratoire ». L’unité ne correspond à aucune grandeur physique, et deux praticiens obtiennent rarement la même valeur pour le même objet. Le module 6 de la formation l’enseigne ; une « unité Bovis » se consigne dans la colonne tradition, jamais dans une colonne de mesures.

Un test à faire soi-même, en une soirée

Chaque débutant gagne à faire ce petit essai avant de sortir son pendule chez un client : il apprend beaucoup sur sa propre pratique.

  1. Préparez cinq récipients opaques identiques, par exemple des pots de fleurs retournés.
  2. Demandez à quelqu’un de cacher un verre d’eau sous l’un d’eux, pendant que vous êtes dans une autre pièce. Cette personne note la position, puis quitte la pièce elle aussi : elle ne doit pas pouvoir vous guider, même sans le vouloir.
  3. Revenez, cherchez avec votre baguette ou votre pendule, notez votre choix.
  4. Recommencez une vingtaine de fois, en changeant la position à chaque fois.

Avec cinq récipients, le hasard seul donne environ une bonne réponse sur cinq. Comparez votre score à ce chiffre. Si vous faites nettement mieux de façon répétée, notez soigneusement vos conditions et refaites l’essai avec quelqu’un d’autre pour cacher l’eau. Si vous êtes autour d’une sur cinq, vous savez désormais ce que vous direz à un client qui vous demande si le pendule « détecte » quelque chose.

Comment les intégrer à votre pratique ?

Beaucoup de clients les attendent, et la majorité de vos confrères les utilisent : ils font partie de votre boîte à outils. Voici une position de travail simple.

  • Utilisez-les si le client le demande, en annonçant ce que c’est : une pratique traditionnelle, pas une mesure.
  • Ne fondez jamais une recommandation coûteuse sur une observation au pendule seule.
  • Dans le rapport, nommez l’outil et séparez ces observations des mesures.
  • Si un client technicien vous interroge sur l’effet idéomoteur, répondez avec précision : il appréciera votre rigueur.

Le programme complet, module par module, est sur la page formation en géobiologie.

Mains gantées tenant un mètre ruban contre une pièce de charpente

Votre formateur

Pierre-Yves Collin signe le carnet de relevés, les exercices et les fiches du cursus. Son parcours et sa façon d’enseigner.

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