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Je pose mon premier relevé
Appareils de mesure portables, carnet kraft et plan de maison posés sur une table en chêne (image générée par IA)

Carnet de relevés · 24 août 2026 · 4 min de lecture

Mesurer les champs électromagnétiques chez soi : la méthode, pièce par pièce

Le gaussmètre est l’appareil qui impressionne le plus chez un client. Voici une méthode en six temps, et les textes qui permettent de lire ce qu’on obtient.

Par Pierre-Yves Collin

Mesure

Le scénario est classique. On pose l’appareil sur la table de chevet, l’écran s’affole, le client pâlit. Puis on recule de quarante centimètres et la valeur s’effondre. Entre les deux, il n’y a pas eu de miracle : il y a eu un radio-réveil branché sur secteur. Toute la méthode tient dans cette scène.

Champ électrique, champ magnétique : de quoi parle-t-on ?

Une installation électrique à 50 Hz crée deux champs distincts. Le champ électrique, en volts par mètre (V/m), existe dès qu’un conducteur est sous tension, même si rien ne consomme. Le champ magnétique, en microteslas (µT), n’apparaît que lorsqu’un courant circule.

Cette distinction change tout sur le terrain. Une lampe de chevet éteinte mais branchée, avec un câble non blindé qui court derrière la tête de lit, produit un champ électrique et aucun champ magnétique. Un chargeur qui travaille, un compteur, un tableau électrique traversé par le courant de la maison produisent l’inverse, en tout cas de façon dominante. Ce ne sont pas les mêmes appareils de mesure, ni les mêmes remèdes.

À côté de ces basses fréquences, il y a les radiofréquences : box internet, téléphones, antennes-relais. Autre famille, autres appareils, autres textes. On y revient plus bas.

Quel appareil faut-il ?

GrandeurAppareilCe qui compte à l’achat
Champ magnétique 50 Hzgaussmètre (ou teslamètre)mesure sur trois axes, plage descendant à quelques dizaines de nanoteslas
Champ électrique 50 Hzchampmètremesure possible avec l’appareil tenu à distance du corps, sur trépied si possible
Radiofréquencesmesureur large bande ou analyseur de spectrebande couverte, et honnêteté sur la précision annoncée

Beaucoup d’appareils grand public combinent champ électrique et champ magnétique dans un même boîtier. C’est suffisant pour apprendre. Un appareil mono-axe demande de le tourner dans les trois directions : on peut passer à côté d’une source simplement parce que la sonde était mal orientée.

La méthode, pièce par pièce

  1. Noter le contexte : heure, appareils en marche, chauffage électrique ou non, consommation probable de la maison à ce moment-là. Un champ magnétique varie avec le courant consommé ; une mesure à 15 h ne vaut pas une mesure à 19 h.
  2. Mesurer les lieux de séjour prolongé en priorité : la tête de chaque lit, le poste de travail, le canapé. Le reste de la maison passe après.
  3. Chercher la source en déplaçant l’appareil : la valeur monte quand on s’en approche. Notez l’objet, pas seulement le chiffre.
  4. Relever la décroissance : la valeur au contact, à 30 cm, à 1 m. C’est souvent l’information la plus utile pour le client, parce qu’elle dit ce que changerait un simple déplacement de meuble.
  5. Pour le champ électrique, tenir l’appareil à bout de bras ou le poser : votre propre corps perturbe la mesure.
  6. Refaire la mesure après chaque action (débrancher, déplacer, couper un circuit au tableau). Une recommandation sans mesure « après » n’est qu’une opinion.

Quelles valeurs de référence citer ?

Pour le public, la recommandation européenne 1999/519/CE retient 100 µT pour le champ magnétique et 5 000 V/m pour le champ électrique à 50 Hz. En France, l’arrêté technique du 17 mai 2001 applique ces mêmes valeurs aux ouvrages de distribution d’électricité.

Dans un logement ordinaire, les valeurs relevées à la tête d’un lit sont presque toujours très loin de ces limites. Faut-il en conclure qu’il n’y a rien à dire ? Pas tout à fait. Le Centre international de recherche sur le cancer a classé en 2002 les champs magnétiques d’extrêmement basse fréquence parmi les agents « peut-être cancérogènes » (groupe 2B), sur la base d’associations statistiques observées pour des expositions résidentielles moyennes bien inférieures à 100 µT. C’est une catégorie de prudence, pas une démonstration.

La règle de rédaction du carnet : citer la limite réglementaire, citer la classification, donner la valeur mesurée et la distance qui permet de la réduire.

Et les radiofréquences ?

Pour les antennes-relais, vous n’êtes pas seul. L’Agence nationale des fréquences publie sur sa carte en ligne (Cartoradio) l’emplacement des antennes et les mesures déjà réalisées. Toute personne peut aussi demander une mesure gratuite à son domicile, par un formulaire disponible sur service-public.fr qui doit être visé par la mairie ou une association agréée. C’est souvent la meilleure réponse à donner à un client inquiet : une mesure indépendante, selon un protocole officiel.

Les valeurs limites d’exposition sont fixées par le décret n° 2002-775 du 3 mai 2002 : de 36 à 61 V/m selon la fréquence, pour la téléphonie mobile. Chez soi, les sources les plus proches sont généralement la box et les téléphones. La recommandation la plus simple reste la même : de la distance, et une connexion filaire là où c’est possible.

Le compteur communicant, question obligatoire

Vous y aurez droit à chaque visite. L’Anses a rendu en 2017 un avis concluant à une faible probabilité d’effets sanitaires des compteurs communicants dans les conditions d’exposition observées. Mesurez quand même devant le client : à un mètre du compteur, la valeur parle d’elle-même, et c’est plus convaincant que n’importe quelle citation.

Ce que la formation apporte

Le module 5 de la formation en géobiologie est entièrement consacré aux pollutions électromagnétiques : sources naturelles et artificielles, basse et haute fréquence, conseils de réduction, et un questionnaire pour préparer l’analyse d’un lieu. C’est le module de référence pour la méthode de relevé, que vous transposerez dans vos rapports avec les références publiques citées ci-dessus.

Mains gantées tenant un mètre ruban contre une pièce de charpente

Votre formateur

Pierre-Yves Collin signe le carnet de relevés, les exercices et les fiches du cursus. Son parcours et sa façon d’enseigner.

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