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Pylônes et lignes à haute tension découpés sur un ciel de coucher de soleil

Carnet de relevés · 26 septembre 2026 · 3 min de lecture

Électrosensibilité : ce que dit l’Anses, et la place exacte du géobiologue

Les personnes qui se disent électrosensibles forment une partie importante de la clientèle des géobiologues. Elles attendent une écoute et des mesures claires : voici le cadre de travail qui leur convient.

Par Pierre-Yves Collin

Mesure Santé : hors champ

Elles appellent souvent après avoir tout essayé. Des maux de tête, une fatigue, des troubles qu’elles attribuent aux ondes, et la conviction que personne ne les prend au sérieux. Le rôle du géobiologue est alors d’écouter, de mesurer et de montrer les chiffres.

Que dit l’Anses de l’hypersensibilité électromagnétique ?

Dans son avis publié en mars 2018, l’Anses conclut que les connaissances scientifiques disponibles ne mettent pas en évidence de lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits. Elle reconnaît en même temps que ces symptômes et la souffrance des personnes sont bien réels, et recommande une prise en charge adaptée.

Les deux moitiés de cette conclusion comptent. La première vous interdit de présenter vos mesures comme l’explication d’un symptôme. La seconde vous interdit de traiter la personne comme si elle inventait. L’Organisation mondiale de la santé emploie d’ailleurs l’expression d’« intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques », qui dit bien cela : un trouble réel, une cause qui n’est pas établie.

Que peut faire un géobiologue pour ces personnes ?

Mesurer, expliquer, et proposer des gestes simples de réduction de l’exposition là où elle est la plus forte. Rien de plus, et c’est déjà utile : beaucoup de personnes n’ont jamais vu une mesure réalisée chez elles.

  • Mesurer les champs basse fréquence autour du lit et des lieux de séjour, et indiquer d’où ils viennent.
  • Situer les sources de radiofréquences : box, téléphones, antennes visibles sur Cartoradio, et proposer une mesure officielle de l’Agence nationale des fréquences si la personne le souhaite.
  • Proposer des gestes qui ne coûtent presque rien : éloigner un chargeur, câbler l’ordinateur, programmer l’arrêt du Wi-Fi la nuit, déplacer un lit de quelques dizaines de centimètres.
  • Remesurer après, pour montrer l’effet sur les valeurs.
  • Orienter vers un médecin, sans exception, pour tout ce qui relève des symptômes.

Le premier appel téléphonique

Tout se joue souvent avant la visite. Au téléphone, quatre questions suffisent, et vous annoncez ce que la visite comprend.

  • Où dormez-vous, où travaillez-vous, combien de temps passez-vous dans chaque pièce ? C’est là que vous mesurerez d’abord.
  • Quels appareils sont près de vous la nuit ? Les réponses orientent déjà vers des sources probables.
  • Avez-vous consulté un médecin à propos de ces symptômes ? Si la réponse est non, recommandez-le d’abord, sans en faire une condition de votre venue.
  • Qu’attendez-vous de la visite ? Si la personne attend une explication de ses symptômes, précisez d’emblée que la visite porte sur l’habitat.

Cette clarté dès le premier appel installe la confiance et vous évite tout malentendu sur l’objet de la visite.

Ce que le géobiologue laisse à d’autres

Le géobiologue conseille sur l’habitat : il ne vend pas de dispositifs « protecteurs » dont l’effet ne se mesure pas, laisse l’état de santé au médecin et réserve les travaux lourds (blindage, peintures spéciales, rideaux métallisés) aux cas où des mesures préalables montrent une exposition qui le justifie.

Ce partage des rôles est inscrit dans la loi : seul un médecin identifie une maladie et en conduit la prise en charge (Code de la santé publique), et une promesse invérifiable relève des pratiques commerciales trompeuses (Code de la consommation).

Un exemple de compte rendu

« Chambre : champ magnétique de 0,05 µT au niveau de l’oreiller, champ électrique dominé par la lampe de chevet branchée (câble non blindé le long de la tête de lit). Après débranchement de la lampe : baisse nette du champ électrique. Aucune de ces valeurs n’approche les limites réglementaires. Ces mesures ne permettent pas d’expliquer les symptômes décrits, pour lesquels un avis médical reste nécessaire. »

Ce paragraphe est un exemple de rédaction, pas un relevé réel. Il réunit des chiffres, des sources identifiées, une action simple, et une phrase qui renvoie la santé au médecin.

La formation et l’électrosensibilité

Le module 5 de la formation en géobiologie traite de l’hypersensibilité aux ondes, des sources d’exposition, des mesures et des gestes de réduction. Complétez-le avec les avis publics cités ici : ils donnent à vos comptes rendus une base de référence solide.

Mains gantées tenant un mètre ruban contre une pièce de charpente

Votre formateur

Pierre-Yves Collin signe le carnet de relevés, les exercices et les fiches du cursus. Son parcours et sa façon d’enseigner.

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