
Carnet de relevés · 11 août 2026 · 4 min de lecture
Humidité dans une maison : ce que l’hygromètre dit, et ce qu’il ne dit pas
C’est la mesure la plus banale du métier, et paradoxalement la plus utile au quotidien. Elle demande surtout de savoir ce qu’on compare.
Mesure
Odeur de cave dans une chambre, papier peint qui gondole derrière une armoire, buée tous les matins sur la même fenêtre : ces signes amènent plus de clients chez un géobiologue que n’importe quel réseau tellurique. Et contrairement aux réseaux, ils se mesurent.
Quel taux d’humidité faut-il viser dans un logement ?
Il n’existe pas de seuil réglementaire pour l’humidité de l’air d’un logement. Une plage de confort autour de 40 à 60 % d’humidité relative est couramment citée. Ce qui compte surtout, c’est la persistance : une pièce durablement très humide finit par développer des moisissures.
L’humidité relative dépend de la température. Le même air contient la même quantité d’eau, mais affichera un pourcentage plus élevé dans une pièce froide que dans une pièce chauffée. C’est pour cette raison qu’on relève toujours la température en même temps, et que les chambres peu chauffées sont souvent les plus touchées.
Hygromètre ou humidimètre ?
| Appareil | Mesure | Bon usage |
|---|---|---|
| Hygromètre | humidité relative de l’air, en % | relevés à plusieurs moments de la journée, pièce par pièce, avec la température |
| Humidimètre de matériaux | une valeur relative dans le mur, le bois, le plâtre | comparer deux zones d’un même matériau, jamais deux matériaux entre eux |
| Thermomètre infrarouge | température de surface | repérer les parois froides, où la vapeur se condense |
L’humidimètre de matériaux demande une lecture comparative. Sa valeur dépend du matériau, de sa densité, des sels qu’il contient. Un chiffre isolé ne veut rien dire. En revanche, relever le même mur tous les vingt centimètres, du sol vers le plafond, dessine un profil très parlant.
Condensation ou remontées : comment faire la différence ?
La condensation se forme sur les surfaces froides, plutôt en hauteur et dans les angles, et varie avec l’occupation de la pièce. Les remontées capillaires partent du sol et décroissent en montant, souvent avec une frange de sels. Le profil vertical de l’humidimètre aide à trancher.
Il existe d’autres causes : une fuite, une gouttière, un défaut d’étanchéité de toiture, un enduit étanche posé sur un mur ancien qui ne peut plus sécher. Le géobiologue n’a pas à poser le diagnostic du bâtiment ; il documente, il formule des hypothèses, et il dit qui consulter.
Un protocole simple en trois passages
Une seule série de relevés ne suffit presque jamais. L’humidité de l’air bouge au fil de la journée : douches, cuisine, respiration de la nuit, chauffage qui se coupe. Je propose au client trois passages, qu’il peut d’ailleurs faire lui-même avec un hygromètre bon marché une fois qu’on lui a montré.
- Au réveil, fenêtres encore fermées : c’est le moment où les chambres atteignent leur maximum.
- En milieu de journée, après aération : on voit si la pièce redescend vite, ce qui renseigne sur la ventilation.
- Le soir, après la douche et la cuisine : on mesure l’effet de l’occupation sur les pièces voisines.
Chaque relevé se note avec la température et l’heure. Au bout d’une semaine, un tableau de vingt et une lignes raconte mieux la maison que n’importe quel ressenti, et il permet de comparer avant et après une modification de la ventilation.
| Pièce | Heure | Température | Humidité relative | Remarque |
|---|---|---|---|---|
| Chambre nord | 7 h | … °C | … % | buée sur la fenêtre ? |
| Chambre nord | 13 h | … °C | … % | fenêtre ouverte 10 min |
| Salle d’eau | 20 h | … °C | … % | après douche, extraction en marche ? |
Que faire des résultats ?
- Pour une condensation liée à l’occupation : vérifier la ventilation (entrées d’air, bouches d’extraction encrassées, portes détalonnées), puis refaire les relevés une semaine plus tard.
- Pour une remontée ou une infiltration : orienter vers un professionnel du bâti, maçon spécialisé ou bureau d’études, avec le profil de mesure en annexe du rapport.
- Pour des moisissures visibles et étendues : recommander un traitement de la cause avant tout nettoyage de surface, et suggérer à la personne d’en parler à son médecin si elle a des symptômes respiratoires.
Face à un boîtier vendu pour « assécher les murs à distance », la bonne démarche reste la même : une série de mesures avant et après, sur plusieurs mois.
Et les veines d’eau de la tradition ?
Tradition La géobiologie traditionnelle parle beaucoup de « veines d’eau » souterraines repérées à la baguette. Ce n’est pas la même chose que l’eau dans un mur, et c’est là qu’on voit le mieux la ligne entre les deux registres du métier. L’humidité d’un mur se mesure, se cartographie et se traite. Une veine d’eau supposée à plusieurs mètres de profondeur ne se mesure pas avec un humidimètre. Gardez-les dans deux paragraphes distincts de votre rapport, pour que le client ne confonde pas les deux.
Ce que la formation apporte sur ce point
La formation en géobiologie traite des matériaux de construction et de leurs effets dans le module 6, et le module 8 donne une liste d’appareils de mesure. L’humidité se travaille ensuite sur le terrain : l’hygromètre est le premier appareil à glisser dans votre trousse, dès le jour de l’inscription.

Votre formateur
Pierre-Yves Collin signe le carnet de relevés, les exercices et les fiches du cursus. Son parcours et sa façon d’enseigner.